Étude de cas sur le déficit hydrique de 2023
Secteur hydrographique de la Garonne entre le confluent de l’Ariège et le confluent du Tarn & Lac de la Ganguise
En 2023, la France a connu un déficit pluviométrique marqué, prolongeant une période de stress hydrique amorcée en 2022. Les gestionnaires de l’eau ont dû faire face à des tensions sans précédent sur les ressources disponibles : nappes phréatiques en dessous des normales saisonnières, plans d’eau sous-remplis, et restrictions d’usage successives sur une grande partie du territoire.
Deux territoires illustrent bien ces enjeux : le secteur hydrographique de la Garonne entre le confluent de l’Ariège et le confluent du Tarn, territoire sous forte pression hydrique en 2023, et le lac de la Ganguise, plan d’eau situé dans ce même secteur dont la surface a chuté de près de 70 ha entre le printemps et l’automne.


Face à cette crise, la capacité à observer l’évolution des ressources en eau en temps quasi réel, à l’échelle d’un plan d’eau ou d’un territoire entier, est devenue un enjeu décisionnel.
Une vue agrégée sur un territoire
Sur le secteur hydrographique de la Garonne entre le confluent de l’Ariège et le confluent du Tarn, Hydroscopia a agrégé le suivi de 215 plans d’eau pour la surface et 99 plans d’eau pour les volumes et le taux de remplissage tout au long de l’année 2023. Cette vision territoriale globale a permis de caractériser précisément la dynamique du stock d’eau disponible.


Le graphique de suivi du volume révèle une dynamique en deux temps : un remplissage printanier jusqu’en juin (pic a environ 80 millions m3), suivi d’un déstockage estival accentué par la sécheresse, conduisant à un creux en septembre-octobre. La remontée automnale a permis de retrouver les niveaux de début d’année avant fin décembre. L’année 2023 est clairement en dessous des normales de saison.


Un zoom sur le lac de la Ganguise
A l’échelle d’un plan d’eau individuel, sur le lac de la Ganguise, le suivi du volume stocké illustre directement la réponse hydrologique à la sécheresse estivale. A noter que le lac représente un peu moins de 30% du volume des plans d’eau agrégés sur le secteur hydrographique étudié précédemment.


La vue inter-annuelle 2016-2025 positionne 2023 parmi les années les plus déficitaires sur le lac de la Ganguise. La courbe 2023 reste en dessous de la majorité des années de référence dès le printemps, et ne remonte pas significativement en fin d’année, contrairement aux années humides (2020, 2021).





La double lecture (territoire agrégé et plan d’eau individuel) est une force clé d’Hydroscopia : le décideur dispose à la fois d’un bilan territorial pour arbitrer entre les usages, et d’une vue fine pour agir sur un ouvrage spécifique.
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